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Le Prix Nobel en est à sa centième édition et ce sera l'occasion de faire un bilan de l'influence de cette récompense si prisée. En fait, il s'agira certainement de plusieurs bilans, allant de la contestation de son utilité, de son objectivité, etc. à l'éloge de quelque chose qui aurait changé le monde. Sans entrer dans un débat sans fin, nous pouvons faire toutefois quelques remarques.
1. Alfred Nobel (1833-1896), inventeur et entrepreneur
Le philanthrope suédois est présenté le plus souvent comme un inventeur et cela à juste titre puisqu'il a déposé plus de 350 brevets. Cependant, avoir du génie ne suffit pas toujours à bâtir une fortune et il serait justifié d'insister au moins autant sur les talents d'entrepreneur d'Alfred Nobel. C'est ce qui lui a permis de devenir en son temps la personne la plus riche d'Europe.
On peut se demander si une pareille "success story" aurait pu se produire quelques décennies plus tard, dans une Suède engagée dans la voie de la social-démocratie et de la redistribution. Alfred Nobel aurait eu aussi beaucoup de mal à constituer sa fondation aujourd'hui à cause des limitations que la législation apporte au droit de propriété. Les impôts, les droits de succession, la réserve héréditaire, etc. font que l'on ne peut plus disposer librement de sa propre fortune. La générosité est passée sous le contrôle de l'État.
2. Le Prix Nobel (1901)
Initialement, le prix devait récompenser ceux qui, durant l'année précédant l'attribution, "auront apporté les plus grands bienfaits à l'Humanité", dans cinq domaines : physique, chimie, médecine, littérature et la paix. Le financement est assuré par les seuls intérêts rapportés par la fortune d'Alfred Nobel. En 1968, la Banque de Suède célèbre ses trois siècles d'existence en instituant un prix équivalent pour la science économique.
L'attribution des prix a régulièrement soulevé des controverses : à cause des options politiques des bénéficiaires, de l'oubli de certains précurseurs des travaux récompensés, du conservatisme des choix, du caractère politique (ou politiquement correct) de certaines décisions, voire leur caractère
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